Emploi & énergie : rapport World Energy Employment (WEE)
Le rapport World Energy Employment 2025 de l’Agence Internationale de l’Energie AIE confirme que l’énergie est devenue l’un des plus puissants moteurs de création d’emplois au monde. Mais derrière cette dynamique se cache une tension croissante sur les compétences et la main-d’œuvre qualifiée : pénurie de profils qualifiés dans les métiers techniques, vieillissement de la main-d’œuvre, besoin massif de requalification pour suivre la transition vers l’électrification, les véhicules électriques et les solutions bas-carbone.
La vraie question est donc : le secteur de l’énergie est-il prêt à former et attirer les talents nécessaires pour soutenir cette croissance ?
Découvrez les points essentiels du rapport ici.
1. L’énergie est devenue un pilier mondial de l’emploi
En 2024, l’emploi énergétique a progressé deux fois plus vite que l’économie mondiale : 76 millions de personnes travaillent aujourd’hui dans l’énergie, avec plus de 5,4 millions de nouveaux emplois créés depuis 2019.
La croissance est portée principalement par :
Les économies émergentes (Inde, Indonésie, Moyen-Orient)
L’essor massif des infrastructures électriques
La transition vers l’électrification (véhicules électriques, bâtiments, industrie)
Dans certains pays avancés comme la Chine, l’énergie représente déjà jusqu’à 1 emploi sur 5 créé.
2. L’électricité : premier employeur dans le secteur de l’énergie
Le secteur électrique est désormais le premier employeur du secteur énergétique, devant le pétrole, le gaz et le charbon. Ce changement est dû à :
L’explosion du solaire photovoltaïque
Le développement des réseaux, du stockage et du nucléaire
La montée en puissance des véhicules électriques
En parallèle, les métiers liés au pétrole et au gaz entrent dans une phase plus incertaine, marquée par des restructurations et une stabilisation des recrutements.
Source : WEE Report
3. Une pénurie critique de compétences qualifiées
Source : WEE Report
La vraie alerte du rapport est là : les entreprises manquent de profils techniques qualifiés. Plus d’une entreprise sur deux fait face à des difficultés de recrutement, notamment pour :
Techniciens réseaux
Électriciens
Ingénieurs (notamment nucléaire)
Métiers de la maintenance et de l’installation
La problématique est structurelle : la main-d’œuvre vieillit et les formations ne produisent pas suffisamment de diplômés pour répondre à la demande.
D’ici 2035, 2 recrutements sur 3 serviront uniquement à remplacer des départs à la retraite.
4. Former, requalifier, attirer : la nouvelle priorité énergétique
Pour sécuriser la transition énergétique, la formation devient un enjeu stratégique :
Le nombre de diplômés devrait augmenter de 40 % d’ici 2030
La requalification interne est l’un des leviers les plus efficaces
L’attractivité des métiers passe par salaires, stabilité et conditions de travail
L’IA aide à la productivité, mais ne remplace pas les métiers techniques
Sans une politique forte sur les compétences, la transition énergétique risque de ralentir non pas par manque de technologies, mais par manque de talents.