Corporate Net-Zero Standard V2.0 de la SBTi : un nouveau cadre pour structurer les crédits carbone

 
Nouveau Standard SBTI
 

Face à l’urgence climatique et aux objectifs internationaux visant à limiter l’augmentation de la température mondiale à 1,5 °C, les entreprises sont de plus en plus nombreuses à définir des trajectoires de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre. C’est dans ce contexte que la Science Based Targets initiative (SBTi) a développé son Corporate Net-Zero Standard V2.0, un cadre destiné à guider les entreprises dans la définition et la mise en œuvre d’objectifs climatiques alignés avec la science.

La mission de la SBTi est d’accélérer l’action climatique des entreprises en cohérence avec un objectif de neutralité carbone d’ici 2050 ou avant. À ce jour, plus de 11 000 entreprises ont déjà défini des objectifs avec la SBTi, en contribuant à la réalisation des objectifs climatiques internationaux tout en bénéficiant d’avantages liés à une meilleure anticipation des risques et à une plus grande résilience économique.

Cette nouvelle version du standard répond à un besoin croissant : disposer d’un cadre commun permettant aux entreprises de structurer leur transition climatique tout en tenant compte de leurs réalités opérationnelles, sectorielles et géographiques. Qu’est-ce que ce nouveau standard ? Pourquoi a-t-il été révisé ? Quelles sont les principales évolutions introduites par cette version 2.0 ? Et comment les entreprises devront-elles désormais structurer leurs objectifs de réduction des émissions ? Voici les principaux enseignements à retenir de cette nouvelle version du standard.

 

Un standard qui prend en compte la diversité des entreprises

L’une des principales évolutions du Corporate Net-Zero Standard V2.0 concerne l’adaptation des exigences selon les profils des entreprises. Le standard distingue désormais deux catégories d’entreprises.

  • La catégorie A :  regroupe les grandes entreprises de tous les pays ainsi que les entreprises de taille moyenne situées dans les pays à revenus élevés.

  • La catégorie B concerne les petites entreprises dans tous les pays ainsi que les entreprises moyennes situées dans les pays à revenus faibles.

Cette différenciation permet d’adapter certaines exigences aux capacités et aux contextes des entreprises. La SBTi encourage également les entreprises de catégorie B à aller au-delà des exigences minimales lorsqu’elles en ont la possibilité.

 

Une démarche basée sur la réduction réelle des émissions

Le nouveau standard rappelle un principe central : la réduction des émissions reste au cœur de la trajectoire vers le net zéro.

Après avoir défini leurs objectifs fondés sur la science, les entreprises doivent mobiliser tous les leviers disponibles pour les atteindre. Le standard introduit ainsi une hiérarchie des actions afin de prioriser les solutions les plus directement liées à la décarbonation.

La première priorité concerne les actions directes, qui consistent à réduire les émissions à leur source dans les opérations de l’entreprise et dans sa chaîne de valeur. Cela peut inclure l’amélioration de l’efficacité énergétique, le changement de sources d’énergie ou encore l’engagement avec les fournisseurs et les clients afin de réduire leurs propres émissions.

Lorsque les réductions directes sont limitées par des contraintes liées aux systèmes existants, les entreprises peuvent agir au niveau des systèmes partagés, comme les réseaux électriques, les chaînes d’approvisionnement ou les infrastructures logistiques.

Enfin, lorsque les possibilités d’action restent limitées, des actions sectorielles peuvent être mises en place afin de contribuer à la décarbonation d’un secteur ou d’une activité spécifique.

Les instruments de marché peuvent accompagner certaines actions, mais ils doivent respecter des critères minimums d’intégrité définis par le standard.

 

Une approche structurée autour des trois scopes d’émissions

Comme dans les précédentes versions du cadre SBTi, le Corporate Net-Zero Standard V2.0 couvre les trois catégories principales d’émissions définies par le GHG Protocol.

Scope 1 : réduire les émissions directes

Pour leurs émissions directes, les entreprises peuvent choisir la méthode la plus adaptée à leur activité : réduction absolue des émissions, amélioration de l’intensité carbone ou transition progressive de leurs actifs vers des solutions bas carbone.

Quelle que soit l’approche retenue, l’objectif reste le même : atteindre des émissions nettes nulles au plus tard en 2050.

Scope 2 : accélérer la transition vers une électricité bas carbone

Pour les émissions liées à l’énergie achetée, le standard encourage les entreprises à augmenter progressivement leur recours à une électricité bas carbone. Cette transition peut passer par des investissements dédiés ou par des contrats d’approvisionnement en énergie bas carbone.

Scope 3 : agir sur la chaîne de valeur

Le standard couvre également les émissions indirectes liées aux fournisseurs, aux clients et aux autres activités de la chaîne de valeur. Les entreprises disposent d'une certaine flexibilité pour définir leurs objectifs, afin de concentrer leurs efforts sur les sources d'émissions les plus significatives et sur les domaines où elles peuvent avoir le plus d'impact

 

Une responsabilité complémentaire sur les émissions restantes

Le standard introduit également le concept de responsabilité continue sur les émissions (Ongoing Emissions Responsibility).

Cette approche reconnaît que certaines entreprises souhaitent prendre des engagements supplémentaires concernant leurs émissions restantes, mais elle précise que ces contributions doivent rester complémentaires aux efforts de réduction des émissions.

Elles ne remplacent donc pas les actions de décarbonation nécessaires.

Dans ce cadre, les entreprises peuvent soutenir différentes actions climatiques, notamment :

  • des réductions d’émissions

  • des absorptions carbone

  • des financements d’actions climatiques

  • des investissements dans la recherche et développement bas carbone

  • des actions d’adaptation et de résilience

Le standard prévoit également que cette responsabilité continue devienne progressivement obligatoire à partir de 2035, avec une neutralisation des émissions résiduelles au moment de l’atteinte de l’objectif net zéro.

Le Corporate Net-Zero Standard V2.0 introduit également une logique d’amélioration continue. Les entreprises doivent suivre régulièrement leurs progrès, identifier les écarts entre leurs objectifs et leurs résultats, analyser les obstacles rencontrés et définir les actions nécessaires pour y répondre.

Les objectifs ne sont donc pas considérés comme fixes : ils doivent évoluer afin de rester cohérents avec les trajectoires climatiques vers le net zéro.

 

Le Corporate Net-Zero Standard V2.0 marque une évolution importante dans l’approche proposée par la SBTi pour accompagner les entreprises dans leur transition climatique.

Ce nouveau cadre cherche à concilier ambition climatique et réalité opérationnelle en proposant des exigences adaptées aux différents profils d’entreprises, tout en renforçant la transparence, la planification de transition et le suivi des progrès.

La réduction réelle des émissions reste le pilier central de cette démarche. Les contributions climatiques complémentaires, y compris les crédits carbone et les actions d’absorption, viennent soutenir cette trajectoire mais ne remplacent pas les efforts nécessaires de décarbonation.


 
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